« Debout trainée. »La voix de mon père me réveilla en sursaut. Il se tenait devant moi, ses yeux injectés de sang me regardant fixement. Encore a moitié endormie, je senti les battements de mon c½ur s'accélérer. Il m'attrapa violemment par l'épaule pour me faire sortir de mon lit, et je grimaçais de douleur; il ne mesurait pas sa force. Il sentait l'alcool a plein nez, comme a son habitude. Complètement soul, il murmurait des paroles incompréhensibles truffées d'insultes qui m'étaient destinées. Il finit par tourner les talons, et sortit de ma chambre. Je l'entendis descendre les escaliers bruyamment, tandis que je reprenais mes esprits. Tout cela n'était que mon triste quotidien. Mon père enfin parti, ma peur qu'il devienne encore plus violent et qu'il me frappe s'estompa. Je me dirigeais vers la salle de bain, et m'y enfermais par sécurité. Je me postais devant le miroir, et observais mon visage et mon corps ravagé par les coups de mon père. Des bleus étaient visibles un peu partout sur mes bras, ainsi que sur mon ventre et mon dos. J'avais mal partout, et ma colonne vertébrale me faisait souffrir. Constamment soul, mon père passait ses nerfs sur moi, sa fille pourtant si sage et docile. Depuis la mort de ma mère, décédée d'une méningite il y a 4 ans, mon père n'était plus le même homme. Autrefois jovial et aimant, désormais il n'était plus qu'un fou violent qui buvait pour oublier ses nombreux problèmes. Je laissais échapper quelques larmes de faiblesse, d'épuisement, et de lassitude. Moi qui était si forte autrefois, je n'étais plus qu'une pauvre fille. « Sois forte, ravale tes larmes, car ta fierté restera ta plus belle arme. » Je me redressais avec peine, et essuya mes yeux d'un revers de main, puis je désinfectais mes plaies toutes récentes. La plupart dataient d'hier soir.
Après une rapide toilette, je sortais de ma chambre, la peur au ventre, priant silencieusement pour que mon père se soit endormi. Sinon, c'était une nouvelle pluie de coups qui m'attendait en bas des escaliers. Bien heureusement pour moi, lorsque j'arrivais dans le salon plongé dans l'obscurité, il était avachi sur le sofa défoncé, ronflant comme un bienheureux, une bouteille de Whisky posé a ses cotés. Je sortais de la maison en courant.
Moi, Vanessa Hudgens, ma vie est un enfer.Une fois dehors, ma peur céda sa place a un bref soulagement. J'y avais échappé... pour ce matin. Je n'aurais pas autant de chance le soir, sachant que lorsque je rentrais du lycée, lui rentrait plutôt du bistrot du coin ou il avait passé sa journée a boire des bierres, accoudé au comptoir. Je pris la direction du lycée, d'humeur maussade. Certes, le lycée, c'était moins pire que les coups de mon père, mais subir les moqueries, injures et messes basses a mon sujet, c'était très dur à encaisser. La bas, je passais pour la clocharde, celle qui s'habillait toujours pareil, et qui n'avait plus de mère. Les rares qui ne m'insultaient pas avaient pitié de moi, et la pitié, c'était pire que tout. Je refusais qu'on ai pitié de moi, qu'on me regarde avec de grands yeux l'air de dire « La pauvre... ». Non. Certainement pas. Je marchais silencieusement, la semelle de mes converses défoncées crissant sous le sol bitumé. Je n'avais même pas déjeuné, et je mourrais de faim.
« Hé, trainée. Tu les a trouvé où tes vêtements ? Dans la poubelle près de chez toi ? »Mon sang se glaça, tandis que je baissais la tête. Zac Efron venait de faire ce qu'il faisait chaque jour, à chaque heure de cour : m'humilier devant tout sa bande. Les larmes me montèrent aux yeux, mais je les retenais. Je n'étais pas seule : ma mère était la, près de moi, me murmurant de ne pas craquer...
« En plus de ta mère, t'a aussi perdu ta langue ? »Ce n'était plus Efron qui avait parlé, mais une dénommée Jade. Belle a en crever, pleine aux as et populaire, elle était tout ce que je n'étais pas, et avait tout ce que je n'avais pas. Cette phrase me blessa jusqu'au plus profond de moi. Parler de ma mère, c'était un sujet sensible, mais lorsque on le traitait avec tant de négligence, ça faisait mal. Terriblement mal. Je ne répondis pas, et continuait mon chemin tandis qu'ils avançaient tous vers moi. Je pressais le pas, et aperçut la grille du lycée.
« Hudgens ! Tu pourrais nous regarder quand on te parle, espèce de trainée ! »Trainée... Trainée... Trainée... il répéta ce mot qui résonnait dans mes oreilles, clignotait devant mes yeux. Ce mot qu'utilisait mon père, c'était désormais Zac qui me surnommait comme ça. Chaque parole venant de lui était une lame enfoncé au plus profond de moi même. Zac et ses jolis yeux bleus, Zac et sa musculature, Zac et son sourire, Zac et ses bras protecteurs, Zac, Zac... Je me surprenais parfois a rêver de lui, de nous. Rêver d'un futur pour lui et moi, d'un amour, rêver qu'il ne m'insultait plus mais me défendait. Bien évidemment, tout ça n'était que stupides espoirs. Il me haïssait, depuis notre plus jeune âge ou nous étions réunis dans la même classe. Je ravalais une nouvelle fois mes larmes, et courrait presque jusqu'à l'entrée du lycée. J'y pénétrais, me retournais et vis Zac et sa bande me montrer du doigt en riant. Je soupirais, et allais en classe, me promettant de faire un jour souffrir Zac Efron comme lui me faisait souffrir a cet instant.
La vie est une rose dont chaque pétale est une illusion et chaque épine une réalité.« Vanessa Hudgens. »« Présente. »Ma voix tremblait, tandis que le professeur continuait de faire l'appel. Chaque élève de la classe avait ricané lorsque j'avais dit ce stupide "Présente", alors que chacun l'avait répété avant moi. Ils s'acharnaient sur mon sort. Ils n'arrêteraient donc jamais ?! Le professeur termina l'appel, tandis que je reçevais une boule de papier sur la tête. Je ne me baissais même pas pour la ramasser, j'avais tellement l'habitude...
« Hudgens. Au tableau. Vous allez me corriger l'exercice d'aujourd'hui. »Je cru d'abord a un mauvais rêve, mais en voyant le professeur me regarder avec insistance, je compris que ce n'en était pas un. Je soupirais. Le tableau était sûrement la pire horreur que l'on pouvait me faire subir. Je me levais, et marchais dans l'allée des tables qui me semblait faire des kilomètres. Chaque regard était rivé sur moi. Je croisais celui de Zac, qui était moqueur, il affichait un sourire narquois. J'étais tellement omnibulé par ses yeux que je ne regardais plus ou je marchais, et m'étalait de tout mon long. J'entendis les élèves rire a gorge déployée, et moi, les joues cuisantes de honte, les larmes aux yeux, allongée par terre, impuissante. Je relevais la tête, et vit le sac de Zac, qui m'avait fait trébuché. Je le détestait... Je voulais qu'il meurt dans d'atroces souffrances. Je me remis debout, mais je sentis ma cheville trembler. Je me l'étais surement foulée. Le professeur vit que je boitais, et soupira. Il n'était pas intervenu, n'avait pas demandé aux élèves de se taire lorsque ils avaient ri, n'avait pas réprimandé Zac alors qu'il avait parfaitement vu qu'il était responsable de ma chute, ne m'avait pas demandé si je m'étais fait mal... Mes yeux me piquèrent, et ma vue se brouilla.
« Oh, elle pleure. La clocharde pleure ! »C'était SA voix. Il ricana a nouveau.
« Efron. Emmenez la a l'infirmerie, puisque c'est grâce a vous qu'elle boite désormais. »Zac soupira et ne daigna même pas m'aider a marcher. Je sautillais sur un pied, me sentant plus bête que jamais. La porte de la classe se referma, et nous nous retrouvâmes seuls, dans le couloir. Au bout de quelques minutes, il s'assit contre un casier.
« Qu... Qu'est ce que tu fais ? » demandais-je.
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Voilà mon premier chapitre. Très sombre, tout comme cette entière story en fait. Mais c'est fait exprès, et ça ne restera pas ainsi tout le long. 2 Commentaires EXPRESSIFS (pas de "j'adore, préviens moi, bisous") pour être prévenu de la suite.
Un énoooorme merci à Dounia pour tout ce qu'elle fait (L)